Cette section explore le georgisme comme point d’articulation entre économie politique, philosophie de la propriété et justice sociale, à partir d’un objet particulièrement révélateur : le logement. L’hypothèse directrice est que la question foncière, c’est-à-dire la capture de la rente associée à la localisation, aux infrastructures et aux dynamiques urbaines, condense plusieurs tensions normatives majeures : égalité des chances, liberté réelle, responsabilité individuelle, légitimité de l’appropriation, et distribution des bénéfices de la coopération sociale. Le georgisme propose une manière structurée de traiter ces tensions en distinguant ce qui relève de l’effort et de l’investissement privés, et ce qui relève de ressources et d’effets collectifs (la valeur du sol, largement produite socialement). C’est aussi un terrain où s’éprouvent les débats contemporains sur la fiscalité, la régulation des marchés, la lutte contre la spéculation, la soutenabilité des politiques publiques et la justice intergénérationnelle.
Le programme de recherche suit une progression à la fois historique et analytique. Il commence par une présentation de Henry George et de ses thèses centrales (rente foncière, impôt sur la valeur du sol, critique des monopoles de la terre), puis propose une discussion plus philosophique des justifications de l’appropriation originelle (Locke, provisos, égalitarisme des ressources, critiques de la propriété absolue). Dans un second temps, la section se tourne vers des enjeux plus appliqués : fonctionnement des marchés du logement, rareté foncière, densification, arbitrages entre production de logements, accessibilité, aménités et externalités urbaines. Enfin, elle mettra en dialogue ces analyses avec les théories contemporaines néo-georgistes (design de la taxe foncière/land value tax, mécanismes institutionnels, contraintes politiques et juridiques, complémentarités avec d’autres instruments). La section s’adresse à un public mixte, chercheur·euse·s et étudiant·e·s en sciences sociales, philosophie politique, économie urbaine et politiques publiques, mais aussi, plus largement, à celles et ceux qui cherchent des outils conceptuels rigoureux pour penser la crise du logement au-delà des oppositions habituelles entre “marché” et “État”.
Les premiers articles sont disponibles via le menu déroulant ou directement ici et là.